À compter du 1er juillet 2026, l’armée de l’air et de l’Espace (AAE) prendra le commandement de la composante aérienne de l’Allied Reaction Force (ARF) – Force de réaction alliée de l’OTAN. Cette responsabilité, exercée par le Commandement de la Défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), consacre la confiance accordée par l’Alliance à l’expertise française en matière de planification, de commandement et de conduite des opérations aériennes.
Face à un environnement stratégique durablement dégradé, l’OTAN s’appuie sur l’Allied Reaction Force pour disposer d’une réserve de force multinationale capable d’être engagée rapidement afin de répondre à une crise, de renforcer sa posture de dissuasion ou de soutenir un pays allié. À compter du 1er juillet, l’AAE succédera à son homologue turc au commandement de la composante aérienne de cette force de réaction, avant de transmettre cette responsabilité aux forces aériennes italiennes à l’été 2027.
Depuis le Centre air de planification et de conduite des opérations et de la Défense aérienne (CAPCODA), implanté sur la base aérienne 942 de Lyon Mont-Verdun, l’état-major du Joint Force Air Component (JFAC), armé par le CDAOA, constituera le centre de commandement aérien de l’OTAN en cas d’activation de l’ARF. Les nations alliées conserveront la propriété de leurs moyens, tout en transférant à l’OTAN, pour la durée de la mission, l’autorité nécessaire à leur emploi opérationnel. Par délégation de l’Alliance, le JFAC français planifiera, programmera et conduira les opérations aériennes en coordonnant les capacités mises à disposition par les Alliés afin de produire une manœuvre aérienne unique, cohérente et réactive, au bénéfice d’une opération interarmées.
L’AAE a pris aujourd’hui le commandement de la composante aérienne de l’Allied Reaction Force. Fermer L’AAE a pris aujourd’hui le commandement de la composante aérienne de l’Allied Reaction Force. Télécharger l'imageUne expertise reconnue par l’OTAN
Cette prise de commandement est l’aboutissement de plusieurs années de préparation opérationnelle. Exercices majeurs, entraînements multinationaux, certifications OTAN et développement de réseaux d’information et de communication spécifiques ont permis de qualifier le CDAOA pour assumer cette responsabilité dans les standards les plus exigeants de l’Alliance. « Notre responsabilité est de commander les moyens aériens que les nations placent sous l’autorité de l’OTAN. Chacune nous confie une partie de ses capacités afin que nous les engagions, par délégation, au service de la mission décidée par l’Alliance. Cette responsabilité traduit la confiance accordée à l’expertise française en matière de commandement aérien. » explique le général de brigade aérienne Julien Fourneret, commandant la Brigade aérienne des opérations du CDAOA. Et d’ajouter : « C'est cela qui est important : nous agissons avec une délégation précise pour employer ces moyens dans une zone d'opération demandée par l’OTAN. »
Les 30 juin et 1er juillet, les cérémonies organisées successivement à Milan au sein du NATO Rapid Deployable Corps (NRDC) puis à Eskisehir en Turquie, au sein du JFAC Turc, ont marqué le passage de relais entre la Turquie et la France pour la partie JFAC. Le JFAC ARF est placé sous le commandement du NATO Rapid Deployable Corps (NRDC) qui commande cette force pouvant être activé par l’OTAN en cas d’urgence ou d’évènements imprévus à un ou plusieurs pays de l’Alliance. Au-delà du protocole, ces cérémonies officialiseront donc le transfert de responsabilité de la composante aérienne de l’ARF, permettront aux différentes autorités de finaliser la coordination avec leurs homologues alliés et garantiront la continuité de la posture opérationnelle de l’OTAN.
Une cérémonie a été organisée à Milan au sein du NATO Rapid Deployable Corps. Fermer Une cérémonie a été organisée à Milan au sein du NATO Rapid Deployable Corps. Télécharger l'imageAu cœur de la réaction aérienne de l’Alliance
L’Alliance. Conçu comme une capacité de réaction de premier échelon, le JFAC ARF a vocation à conduire les premières phases d’une crise en projetant rapidement une composante aérienne multinationale. Si l’engagement devait se prolonger ou évoluer vers une opération de plus grande ampleur, son action s’s’inscrirait alors en complément de la manouvre aérienne conduite par AIRCOM, garantissant ainsi la continuité de l’action de l’Alliance. « Derrière cette prise d’alerte se trouvent plusieurs années de préparation, d’entraînement et de montée en compétence. Le jour où l’Alliance nous sollicitera, nos équipes devront être capables d’intégrer immédiatement les moyens confiés par plusieurs nations et de conduire des opérations aériennes multinationales dans les standards de l’OTAN. » souligne le colonel Thierry Chapeaux, commandant du CAPCODA. « Notre rôle est d’être prêts à agir immédiatement dans les premières phases d’une crise, en parfaite coordination avec les structures permanentes de commandement de l’Alliance. » ajoute-t-il.
Au-delà d’un transfert de commandement entre nations alliées, cette prise d’alerte illustre la capacité de l’AAE à exercer une responsabilité majeure au sein de l’OTAN. En s’appuyant sur l’expertise opérationnelle du CDAOA, elle sera en mesure de planifier, commander et conduire des opérations aériennes multinationales au profit de l’Alliance, en assurant la réactivité indispensable aux premières phases d’une crise tout en s’intégrant pleinement dans la manœuvre aérienne de l’OTAN, renforçant ainsi sa réactivité, sa crédibilité et sa capacité à faire face aux crises.
L’état-major du JFAC constituera le centre de commandement aérien de l’OTAN si activation de l’ARF. Fermer L’état-major du JFAC constituera le centre de commandement aérien de l’OTAN si activation de l’ARF. Télécharger l'image