Le combat en zone urbaine est l'un des types de combat les plus meurtriers. Dans la dernière phase d’ORION 2026, les armées ont testé leurs savoir-faire – action dans le champ électromagnétique, artillerie, génie, NRBC – pour reconquérir la région Grand-Est. Retour en images sur une manœuvre hors norme qui a signé la fin de l’édition 2026 de cet exercice.
OrionDans l’Est de la France, 2 500 combattants de la 7e brigade blindée, renforcée par 500 soldats alliés et des unités spécialisées, ont été engagés du 19 au 30 avril derniers. Leur mission : reconquérir les camps de Champagne dont l’ennemi s’est emparé – un affrontement qui s’est étendu sur toute la région Grand-Est. Ce combat dans la profondeur, caractéristique de la guerre de haute intensité, impose aux combattants de manœuvrer sur un territoire étendu et bigarré. Plaines à découvert, vallées arborées, villes habitées… Une variété de paysages qui requiert, de la part des chefs, une capacité à sortir des schémas classiques et à innover pour concevoir des modes d’intervention protéiformes. L’irruption des drones et de l’intelligence artificielle oblige à repenser l’approche stratégique, opérative et tactique, sans oublier la réalité du terrain. Ce scénario a été éprouvé lors de la phase 4 de l’édition 2026 d’ORION. Pour cet entraînement interarmées « haut de spectre », l’ensemble des savoir-faire de l’armée de Terre a été mobilisé. Action dans le champ électromagnétique, artillerie, génie, NRBC… Un panel de compétences nécessaires pour faire face à un adversaire brutal, afin de libérer et reconquérir les territoires occupés. Cette polyvalence reste la clé pour faire la différence.
Lundi 20 avril, à Jaulges
L’état-major de la 7e brigade blindée est installé à Jaulges - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer L’état-major de la 7e brigade blindée est installé à Jaulges © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageDans ce petit village de Franche-Comté, l’état-major de la 7e brigade blindée est installé depuis trois jours à l’abri des regards, dans un format ultra-réduit qui minimise son empreinte. Le compte à rebours commence : il reste 24 heures au général pour planifier et diffuser l’ordre de bataille. L’ennemi, installé au nord de la position de la force dans la région Grand-Est, doit être repoussé. Les régiments de la brigade sont réunis dans une zone d’attente ; ce soir, ils seront dispersés sur l’ensemble du théâtre.
Mardi 21 avril, 24 heures avant l’offensive
Le drone DT46 et des soldats du 68e régiment d’artillerie d’Afrique. - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Le drone DT46 et des soldats du 68e régiment d’artillerie d’Afrique. © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageDepuis hier soir, le 68e régiment d’artillerie d’Afrique (68e RAA) est installé sur différents points situés à 20 km de la ligne de front. Une manière de gagner en discrétion. Après avoir reçu leur mission de la brigade, les chefs préparent leur manœuvre. Dans le même temps, des actions de renseignement sont menées : le drone DT46 tente de détecter les postes de commandement et de ravitaillement adverses. Des cibles de choix pour fragiliser l’ennemi.
Mercredi 22 avril, à Toucy, Franche-Comté
Les « Condés dragons » décontaminent les combattants et la zone. - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Les « Condés dragons » décontaminent les combattants et la zone. © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageDes habitants alertent les forces sur la présence potentielle d’armes chimiques. Le 19e régiment du génie (19e RG) et le 2e régiment de dragons, spécialisé dans le combat NRBC, arrivent en renfort. Le périmètre est bouclé. Les sapeurs retirent la charge active de l’engin explosif artisanal (IED) après l’avoir analysée au moyen d’un « tir laser ». Ils parviennent à extraire un échantillon de la substance contenue dans l’IED. Les « Condés dragons » prennent le relais : ils identifient le produit chimique, puis décontaminent les combattants et la zone.
Mercredi 22 avril, matin
Les canons Caesar du 68e RAA disposés sur l’ensemble du fuseau - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Les canons Caesar du 68e RAA disposés sur l’ensemble du fuseau © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageLa reconnaissance est lancée. La frontière entre la région Franche-Comté et Grand-Est est dépassée. Les vallées laissent place aux grands espaces. Les canons Caesar du 68e RAA sont disposés sur l’ensemble du fuseau. Deux pièces sont positionnées aux abords de Chaources. Dans le cas où des cibles seraient détectées, 15 minutes sont nécessaires pour faire feu. Une rapidité qui, combinée à la portée des obus, assure la protection des troupes en marche vers le nord.
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Regardez le JDEFMercredi 22 avril, après-midi
Plongeurs de combat du 3e régiment du génie. - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Plongeurs de combat du 3e régiment du génie. © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageL’ennemi a miné les ponts, empêchant ainsi la poursuite de la mission. Les sapeurs entrent en action pour contourner ces obstacles en établissant des points de franchissement sur deux zones distantes de 20 km l’une de l’autre. Pour cela, lors d’une infiltration subaquatique, les plongeurs de combat du 3e régiment du génie (3e RG) vérifient d’abord les différentes zones de passage par lesquelles 500 véhicules transiteront. Ils s’assurent qu’aucune mine n’a été posée sur les berges et dans les fonds marins.
Jeudi 23 avril, matin, à Radonvilliers
Chars Leclerc du 1er Chasseurs - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Chars Leclerc du 1er Chasseurs © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageLes chars Leclerc du 1er Chasseurs s’élancent sur les ponts sommaires mis en place grâce à l’engin de franchissement de l’avant (EFA) du 19e RG. Pour assurer la traversée de la coupure humide de 70 m de long, deux EFA ont été imbriqués. Une prouesse indispensable à l’engagement des blindés qui constituent un atout précieux pour la suite de la mission. Associant puissance de feu, protection et mobilité, ils rendent possible l’avancée des troupes dans des espaces à découvert jusqu’à Brienne, dernier verrou pour atteindre Vitry-le-François.
Jeudi 23 avril, début d’après-midi
Spécialistes du 54e régiment de transmissions. - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Spécialistes du 54e régiment de transmissions. © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageLes troupes sont en marche vers Brienne. La cadence est effrénée. Et pour cause : la force est renseignée sur les actions de l’adversaire, dont les communications ont été interceptées par les spécialistes du 54e régiment de transmissions (54e RT) installés à 10 km seulement de Brienne. Une équipe de trois personnes est chargée de détecter les émissions ennemies dans le champ électromagnétique. Une fonction facilitée par l’acquisition du Serval de guerre électronique avec son antenne de plus de 15 m de haut.
Jeudi 23 avril, après-midi
Les fantassins du 35e RI appuyés par le génie combat du 3e RG - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Les fantassins du 35e RI appuyés par le génie combat du 3e RG © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageLe combat fait rage à Brienne cernée par les chars alliés italiens. Les fantassins du 35e régiment d’infanterie (35e RI) appuyés par le génie combat du 3e RG progressent, tels des rouleaux compresseurs, à l’intérieur de la ville. Il faut aller vite pour éviter les pertes. Le rapport de force est défavorable : en zone urbaine, un soldat en défensive peut, à lui seul, neutraliser une section. À ce risque, s’ajoute celui lié à la présence de la population. Aucun dommage collatéral n’est autorisé. Après trois heures d’âpre combat, Brienne tombe : l’ennemi se replie à Vitry.
Jeudi 23 avril, fin de soirée
Les patrouilles légères et d’intervention du 2e régiment de hussards - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Les patrouilles légères et d’intervention du 2e régiment de hussards © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageLes patrouilles légères et d’intervention du 2e régiment de hussards, qui étaient déployées en forêt depuis 48 heures, se préparent pour une mission d’infiltration nocturne jusqu’à Vitry. Leur mission consiste à collecter du renseignement sur le matériel et les positions adverses. Les informations sur le matériel, par exemple, permettent de déduire à quel stade se situe l’ennemi dans sa progression. C'est également un moyen d'être informé sur les pertes subies et les moyens restants.
Vendredi 24 avril, matin
Les chars grecs roulent en direction de Vitry - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Les chars grecs roulent en direction de Vitry © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageLes chars grecs roulent en direction de Vitry, aux abords d’étendues de colza à perte de vue. Ils devancent les troupes à pied du 1er régiment de tirailleurs (1er RTir). Un ordre de progression qui permet aux fantassins d’avancer dans des zones sécurisées. Les chars s’immobilisent soudainement en bordure de route. Ils cherchent en urgence un point de repli. Motif : une possible attaque d’artillerie.
Vendredi 24 avril, début d’après-midi
Antenne chirurgicale du bloc d’opération mobile. - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Antenne chirurgicale du bloc d’opération mobile. © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageUn tir d’artillerie ennemi atteint les tirailleurs. Les blessés sont nombreux. Le personnel de santé est à pied d’œuvre pour évacuer les cas les plus urgents. Ces derniers sont évacués vers le rôle, chargé de les stabiliser. Ils sont ensuite transférés vers le rôle 2, l’antenne chirurgicale dans laquelle un bloc d’opération mobile est installé. Cet équipement fait partie des innovations indispensables à la guerre de haute intensité où les élongations et les pertes humaines, plus importantes, complexifient la prise en charge des blessés.
Samedi 25 avril, fin d’après-midi
Hélicoptères du 1er RHC et de l’armée de l’air espagnole - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Hélicoptères du 1er RHC et de l’armée de l’air espagnole © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageUne opération aéromobile se prépare depuis l’aérodrome de Brienne. Douze hélicoptères (français et espagnols) se posent lors d’un ballet aérien savamment orchestré. Le vent souffle sur la piste. Avec son homologue hispanique, le 1er régiment d’hélicoptères de combat conduira, cette nuit, deux missions. La première consiste à attaquer des points stratégiques de Vitry, pour déstabiliser l’ennemi et accélérer la conquête de la ville. La seconde repose sur le déploiement, au cœur de Vitry, de 250 combattants du 1er RTir et du 68e RAA.
Dimanche 26 avril, Quartier du Hamois à Vitry, dernier bastion ennemi
Quartier du Hamois à Vitry, dernier bastion ennemi - © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Fermer Quartier du Hamois à Vitry, dernier bastion ennemi © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense Télécharger l'imageL’adversaire est installé dans des bâtiments désaffectés. Des morceaux de verre jonchent le sol. Le temps est comme suspendu. Dissimulé partout, l’opposant attend, prêt à riposter. Depuis les étages, il surplombe le quartier avec une vue directe sur les axes d’arrivée de la force. Les tirailleurs, à bord de leur VBCI, se rapprochent le plus possible des points d’entrée des bâtiments. Appuyés par les sapeurs du 3e RG, ils parviennent à s’emparer de la zone et réduisent l’assaillant à néant. Vitry assiégé, mais Vitry libéré.
